YVONNE SANCHEZ

 

Le nom d’Yvonne Sánchez n’est pas simplement celui d’une chanteuse de jazz, mais sa destinée l’a amené bien au-delà de cette « étiquette ». Cette « Jazz woman » d’origine cubano-polonaise, avec sa voix d’une sensualité absolue, a conquis son public à travers le monde. Après s’être produite brièvement en tant que percussionniste avec quelques uns des meilleurs musiciens de sa Pologne natale, entre autre Jozef Skrezek, elle part s’installer en Allemagne et abandonne momentanément la musique. En 1994 elle s’installe à Prague, rencontre le saxophoniste Mike Tramonte et le guitariste Max Voegler. Ces deux musiciens l’aident à découvrir une arme cachée jusque là : sa voix.

En quelques mois Yvonne Sánchez devient incontournable sur la scène jazz de Prague. Elle est accompagnée des meilleurs musiciens du pays, le bassiste Robert Balzar, le pianiste Jan “Najponk” Knop et le saxophoniste Karel Ruzicka, Jr. Son repertoire est composé de standards de jazz de Duke Ellington, Richard Rodgers et Lorenz Hart, mais aussi de sonorités plus latines avec des Bossa Novas d’Antonio Carlos Jobim.

En 1995 elle donne son premier concert dans le célèbre club de jazz “Reduta” à Prague, lieu mythique où des personnalités aussi diverses que Miles Davis ou l’ancien président des Etats-Unis Bill Clinton ont joués. Elle continue sa progression dans le milieu jazz praguois et se voit décerner le prix de la meilleure chanteuse de jazz de l’année (1998) par la prestigieuse « Czech Jazz Society ».

Yvonne dit simplement : “ Je suis tombé amoureuse de
Prague. Il y avait quelque chose d’indescriptible dans l’air, et
j’ai pensé qu’il ferait bon y vivre pendant un moment”.


Yvonne est complètement autodidacte et possède un style unique d’interprétation. Elle approche une nouvelle chanson par le déchiffrage de la partition, ou en écoutant ses musiciens jouer la version instrumentale. Puis elle se l’approprie en faisant en sorte que les mots “embrassent” la musique. La clarté de sa voix et la sensualité de ses interprétations lui ont permis d’être comparée à quelques unes des plus grandes voix.


Un musicien peut difficilement prévoir où son art le conduira. Yvonne s’est déjà produite sur les scènes d’Allemagne, d’Israel, du Portugal, de France, de Cuba, du Brésil et des Etats-Unis. Ces différentes cultures ont agi en tant que catalyseur pour son développement. Comme elle aime à se promener en dehors du jazz conventionnel, elle décide d’explorer le répertoire de ses origines latines, la Bossa Nova et la Samba. Le résultat de cette expérience se retrouve dans quelques chansons de son premier album “Invitation”, enregistré en 2001 avec le célèbre trio de Robert Balzar. L’année suivante “Invitation” était nominé pour un “Czech Grammy”.


Pendant ma visite au Brésil j’ai eu l’opportunité de travailler
avec différents artistes tels que le grand Juarez Moreira, qui
jouait avec le père de la Bossa Nova Tom Jobim, et Esdras Ferreira
mais aussi avec de jeunes artistes montants comme Cleber Alves,
et Marcelo Rocha. Cette expérience, leurs réactions et l’amour
évident pour cette musique m’ont convaincue que je devais intégrer
ce genre musical dans mes propres compositions. C’est assurément
plus Brésilien que Cubain” admet-elle en riant.


Yvonne prépare actuellement son second album, principalement jazz. L’enregistrement de son projet « latin » est aussi prévu pour 2004. Il s’agira de Bossa Novas et Sambas chantées dans la langue originale, Portugais, ainsi que quelques-unes de ses compositions aux colorations latines.

“Quand je pense aux divas du jazz, les noms de Sarah Vaughan,
Ella Fitzgerald, Dinah Washington… me viennent immédiatement
à l’esprit. Mais pour moi l’unique dame qui a cette mélancolie
dans la voix, ceux qui savent de quoi je veux parler auront
compris qu’il s’agit de Billie Holiday. C’est cette inspiration
que je recherche et j’espère arriver à faire passer un petit
peu de cette mélancolie dans mon prochain disque”.